People of Praise, la communauté religieuse très soudée de la juge Amy Coney Barrett


Les membres du groupe sont fortement impliqués dans la vie de leurs pairs, tant spirituellement qu’en pratique, expliquent d’anciens membres. “Que ce soit pour un médecin ou un mécanicien, on fera toujours appel à People of Praise”, raconte Arthur Wang, un médecin dans l’Indiana qui a rejoint le groupe en 1988. “On a immédiatement un cercle d’amis, immédiatement des relations, immédiatement une famille”. Les membres se marient souvent entre eux et assistent aux mariages des autres.

Chaque homme, et chaque femmes non mariée, se voit assigner un conseiller personnel qui est un membre plus âgé et du même sexe, qu’ils doivent consulter pour toute question spirituelle et pratique. Dans les souvenirs d’anciens membres, ces conseillers — chez les hommes, on les appelle “heads”, ou supérieurs — exerçaient une influence particulièrement pointilleuse et tentaient de contrôler leurs vies romantiques ainsi que leurs budgets personnels. Pour une femme mariée, le “head” est son mari.

People of Praise n’a pas souhaité confirmer que la juge Barrett appartient à sa communauté. Mais un annuaire non daté, dont le New York Times a obtenu une photocopie, mentionne la juge, son mari Jesse, et cinq de leurs sept enfants. Dans cet annuaire, Amy Barrett figure sous la dénomination de “handmaid”, ou servante, de l’une des divisions géographiques de South Bend.

Jusqu’à il y a peu, le groupe appelait “handmaids” les femmes en position d’autorité, en référence à un des surnoms de Marie dans la Bible, “la servante de Dieu”. Mais l’adaptation télévisée de “La servante écarlate” a jeté une aura sinistre sur le terme et le groupe opte désormais pour “women leader”, ou femmes leaders.

Certains anciens membres, ceux en particulieur qui sentaient qu’on les préparait à des rôles de direction, disent qu’ils avaient l’impression que leurs supérieurs les manipulaient.

Un homme qui a préféré garder l’anonymat car sa famille est encore membre du groupe raconte qu’on l’a poussé d’abord à abandonner ses études universitaires, puis à décliner un stage convoité et un semestre à l’étranger pour qu’il s’adonne plutôt à une action missionnaire. Lui et d’autres anciens membres racontent qu’on enjoint les jeunes hommes perçus comme de futurs chefs à se sacrifier davantage pour People of Praise, au risque de se voir accuser de se détourner de la volonté divine s’ils refusent de le faire.

Mais pour d’autres, ces pratiques relèvent d’une longue tradition spirituelle similaire à celle des gourous dans l’hindouisme. “Dans la vie chrétienne, nous avons besoin de guides, de mentors”, explique Walter Matthews, qui a été superieur dans les années 80 et est aujourd’hui directeur exécutif du National Service Committee, un groupe de direction du mouvement catholique charismatique dans sa globalité.



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